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 7 jours en Corse : Créteil, cette proche banlieue de Bastia

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Pascual Garrido
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MessageSujet: 7 jours en Corse : Créteil, cette proche banlieue de Bastia   Mar 1 Nov - 15:18

Roger Antech dans Corse-Matin a écrit:


Faut-il que le football professionnel
ait perdu à ce point la boussole sinon la tête, pour faire de Créteil la
proche banlieue de Bastia ? Et que le président de la ligue ait perdu, à
son tour, le sens de l'équité sinon la raison, pour imposer au Sporting
cet exil d'un autre âge ?
Jusqu'à nouvel ordre, sine die
pour ceux qui n'ont pas encore perdu leur latin dans ces grotesques
rebondissements, Bastia est ainsi condamné à jouer ses matches à
domicile au nord de Grenoble, au-dessus d'une ligne de démarcation comme
nous le titrions mercredi à la Une de Corse-Matin. À domicile ? Disons plutôt en résidence secondaire, voire même en résidence surveillée.
On
a déjà vu des stades suspendus, et des rencontres disputées à huis
clos. On n'a encore jamais connu semblable mesure d'éloignement,
l'insularité infligeant d'ailleurs une double peine au club et à ses
supporters.
On voudrait tuer le
football professionnel en Corse que l'on ne s'y prendrait pas autrement.
À l'évidence, Bastia et Ajaccio dérangent dans ces hautes sphères où
rien ne tourne vraiment plus rond.
Les
prolongements des incidents de Bastia-Lens ont changé, à l'évidence, de
terrain. Qui parle encore des sanctions dont devrait logiquement écoper
le joueur lensois Cichero, auteur de deux agressions au moins sur le
terrain, puis dans le couloir des vestiaires ?
La
seule suspension en vigueur est celle de Furiani. À titre
conservatoire, nous dit-on. À titre provisoire mais alors d'un
provisoire qui dure, comme si couper ainsi une équipe de son pré avait
jamais permis d'éradiquer la mauvaise herbe. Il y a dans
l'excommunication prononcée par Frédéric Thiriez contre le Sporting, une
dimension politique que nul désormais ne peut ignorer.
Le foot français serait-il devenu corsophobe ? Il n'aime pas la différence. Il n'aime que le fric.
En
l'emportant dans son exil parisien 3 à 0 face à Arles-Avignon, le
Sporting a apporté la seule réponse qui vaille à ses détracteurs, celle
du jeu, celle du terrain.
En
s'imposant sur la troisième marche du podium comme un candidat sérieux à
l'accession à la Ligue 1, il s'accroche au nez et à la moustache - trop
impeccable pour finalement paraître honnête - de Frédéric Thiriez,
comme une évidence sportive.
Pour cela, Bastia mérite le soutien de toute une île.
Et
d'une classe politique qui, hier encore divisée à l'assemblée de Corse
dans le vote d'une subvention de survie, fait aujourd'hui du sauvetage
du même Sporting une cause sacrée.
Violence délibérée
Car
ces politiques savent que la violence, la violence qui mine l'île,
n'est pas dans le sport même si, parfois, celui-ci sert d'exutoire, mais
d'exutoire seulement.
Il est en Corse
une violence plus préoccupante. Mais personne pour siffler la fin de la
partie, pour dire la sanction, pour en finir avec ce tableau de marque
où s'additionne le nombre des victimes, plus rarement le résultat des
enquêtes.
Ils en sont même - les
politiques - devenus les victimes. Domiciles et mairies incendiés ou
plastiqués, véhicules mitraillés, pressions et intimidations au
quotidien, l'acte délibéré contre la délibération en quelque sorte.
L'escalade de la violence est devenue intolérable. Elle fait de l'élu
une cible, et de la démocratie ce bien commun en danger. Les faits
noircissent les colonnes du journal comme les murs des mairies, dans une
banalisation qui glace le sang. Condamner n'est plus suffisant, on le
sent bien.
Comme on ne se résout pas à
la mort violente qui, régulièrement, frappe en Corse. Mort violente qui
rattrape toujours le passé, comme le solde, le règlement de tout
compte. Christian Leoni est ainsi tombé l'autre matin, le corps percé de
balles sur le parking d'un restaurant de Moriani. Les premiers éléments
de l'enquête le présentent comme un « membre de la bande de la Brise de
mer », au casier judiciaire certes fourni en condamnations, sans être
cependant chargé. On ne sait si c'est un mobile suffisant pour expliquer
l'assassinat. C'est déjà un mobile commode pour ne pas en découvrir
davantage.
Brutalité sociale
Comme
on voudrait pouvoir parler des trains qui, en Corse comme ailleurs,
partent et arrivent à l'heure. Des AMG 800, ces autorails prématurément
usés qui, après une parenthèse technique d'un an et demi, reprennent
enfin du service sur les chemins de fer de l'île - de torture surtout -
pour la mécanique. Tiendront-ils maintenant, révisés et réformés, la
distance ? Ce passage fixé au 1er janvier 2012 des CFC version SNCF aux
CFC version société d'économie mixte, et voté par l'assemblée qui a donc
préféré la Sem à l'Epic pour suppléer une société nationale trop
gourmande en charbon public…
La fuite
par les rails de la SNCF - enfin pas tout à fait, l'entreprise nationale
conservant un fer aux chemins - en annonce-t-elle une autre par les
airs ? Celle d'Air France toujours aux prises avec ses 45 CDD que les
prud'hommes, à Ajaccio comme à Bastia, s'obstinent à requalifier en CDI,
ce que la compagnie refuse évidemment. Dédaignant donc la justice
terrestre, pour s'en remettre à des cieux plus cléments. On dit qu'Air
France pourrait ne plus faire escale en Corse, jouer la fille de l'air,
contraignant ainsi son personnel à changer de… latitude ou à rester sur
le tarmac. Indignés, c'est dans l'air du temps, et suspendus eux aussi, à
une décision qui les dépasse.
La
Corse comme un terrain de jeu pour des grandes entreprises nationales
qui y importent parfois une certaine brutalité sociale… Mais que fait
donc ce bon Monsieur Thiriez?



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