Chjachjaratoghju di Bastia


 
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 Quizz

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Antone
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MessageSujet: Quizz   Ven 26 Aoû - 16:40

Un discours d'un grand homme d'ét at.. De qui est-il question, où et pourquoi? scratch

Citation :


Votre histoire, c'est une grande histoire française riche de leçons. Vous avez traversé le siècle - on ne le dirait pas - et vous êtes pleinement engagé dans les nouveaux défis de notre temps.

Je me souviens de notre première rencontre en 1983. C'était déraisonnable, c'est là que je vois que vous êtes enthousiaste, vous pensiez déjà à l'époque que je serais président de la République. Incorrigible Jacques Servier !

Vous êtes un personnage hors du commun. Votre ascèse et votre sobriété forcent le respect de tous. Mais je ne veux pas faire votre portrait, comme on croque quelqu'un à distance. Je vous connais trop bien pour cela. (...)

Vous avez fait de votre groupe une fondation. Raymond (Soubie)et moi, on y a joué un rôle. Grâce à ce statut, tous les résultats du groupe sont réinvestis dans la recherche. Aucun dividende n'est distribué. Tous les médicaments ..... sont issus de la recherche du groupe et vous parvenez, avec les 20 000 collaborateurs du groupe, à inscrire ce site dans la durée, à le faire fonctionner année après année. (...)

Vous avez fait du groupe .... une fondation et vous avez voulu protéger les femmes et les hommes de votre entreprise plutôt qu'attirer les capitaux. Vous nous rappelez que les capitaux n'ont d'autre destination que de servir les projets que chacun d'entre nous porte en lui. L'homme n'a pas à être soumis aux caprices du capitalisme et encore moins aux caprices de la spéculation.

Jacques, vous êtes un entrepreneur comme la France en compte peu. (...) En tant qu'entrepreneur, vous avez été souvent sévère à l'endroit de l'administration française. Vous critiquez l'empilement des mesures, des normes, des structures et vous avez raison.

Enfin, Jacques, vous êtes un patriote. Grâce à vous, notre pays peut saluer une industrie de classe mondiale. C'est un privilège réservé à moins d'une dizaine de pays dans le monde.

Et puis, vous êtes un homme fidèle. Vous êtes quelqu'un qui ne retire pas son amitié. Vous êtes un homme courageux et vous êtes un visionnaire.

La nation vous est reconnaissante de ce que vous faites. Vous êtes une publicité vivante pour les médicaments Servier parce que, franchement, l'âge n'a absolument aucune prise sur vous. Je dirais même que par une certaine coquetterie, vous rajeunissez, Jacques. C'est extrêmement énervant !

J'espère que chacun aura compris que c'est un grand Français que je vais décorer au nom de la République française."

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MessageSujet: Re: Quizz   Ven 26 Aoû - 17:39

Xavier Bertrand?
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Antone
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MessageSujet: Re: Quizz   Ven 26 Aoû - 18:52

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MessageSujet: Re: Quizz   Ven 26 Aoû - 20:44

SAS Nicolas de Nagy Bocsan
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MessageSujet: Re: Quizz   Ven 26 Aoû - 22:06


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MessageSujet: Re: Quizz   Mer 7 Sep - 15:40

Jacques Servier décoré par Nicolas Sarkosy (louée soit sa Sagacité) en a fait bien d'autres..



PROTELOS. De nouveaux morts sur ordonnances


Publié le 07-09-11 à 16:08

Les laboratoires Servier ont dissimulé les effets secondaires graves de ce médicament. "Libération" révèle ce nouveau scandale que "Prescrire" avait déjà tenté de dénoncer. Par Anne Crignon.


Lorsqu’en 2007 Servier signale des effets indésirables observés sur deux patients, c’est juste en oubliant de préciser que les deux patients sont morts. Le petit oubli fait désordre. (E. M. Welch / Rex Featu - Sipa)



L’affaire du Protelos, un médicament contre l’ostéoporose en circulation de puis 2004, vient charger un peu plus la mule déjà KO des laboratoires Servier. "Libération" - qui s’appuie sur un rapport de l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé) - raconte en effet mercredi 7 septembre comment le laboratoire a dissimulé des effets secondaires graves et notamment des cas de syndrome d’hypersensibilité médicamenteuse, le Dress, parfois mortel.

Lorsqu’en 2007 Servier signale des effets indésirables observés sur deux patients, c’est juste en oubliant de préciser que les deux patients sont morts. Le petit oubli fait désordre. L’Afssaps a transmis le dossier aux trois juges d’instruction parisiens qui enquêtent sur le Médiator et l’Agence européenne des médicaments (EMA) pourrait même engager une action en justice contre cette firme ayant fait de la non-déclaration sa politique de santé publique.

Servier, en effet, a inventé une catégorie d’effets secondaires appelés "Concurrents accessoires" pour les effets secondaires à ne pas déclarer immédiatement. Et pourquoi donc ? "Pour éviter le bruit de fond dans le système", se justifie-t-il. Comprendre : pour ne pas nuire à la réputation du médicament et de la firme, et pour ne pas faire baisser les vente.

"Prescrire" révèle la mort de huit patients

Toujours en avance de quelques longueurs, le journal "Prescrire" créé il y a trente ans en réponse au marketing souvent mensonger des firmes pharmaceutiques, a déjà sonné les cloches autour du Protelos. Dans son numéro d’avril dernier, le bilan est de 884 effets indésirables notifiés, dont 199 graves. "Il s’est agi essentiellement de troubles cardiovasculaires, cutanées, hépatodigestifs, neurologiques, hématologiques ou respiratoires", note le rédacteur. La revue annonce que huit patients sont morts et précise que le strontium ranélate (du nom de la molécule) n’apporte aucun progrès thérapeutique par rapport aux médicaments de référence déjà disponibles sur le marché comme le Fosamax.

Ces nouvelles révélations ne surprennent pas. Au mois d’avril par exemple, lors des Assises du Médicament, une spécialiste de pharmacovilance bien découragée racontait que des médicaments autres que le Médiator fabriqués par Servier étaient dangereux. Elle citait le Protélos. Elle dénonçait une "chape de silence". Toutes ces informations sont contestées par Servier.

Anne Crignon - Le Nouvel Observateur

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MessageSujet: Re: Quizz   Mer 7 Sep - 15:46

Les deux médecins, nommés conseillers techniques par Xavier Bertrand à son arrivée au ministère de la Santé en 2005, travaillaient ouvertement pour le laboratoire, révèle le Canard Enchaîné.
Des pilules du Mediator (AFP)

Deux médecins nommés conseillers techniques par Xavier Bertrand à son arrivée au ministère de la Santé en 2005, avaient des liens avec le laboratoire Servier qui commercialise le Mediator, relève le Canard enchaîné dans son édition de mercredi 12 janvier.
Le professeur Gérard Bréart, praticien hospitalier et spécialiste de santé publique, était au cabinet "chargé de la recherche", précise le Canard. Il avait été en 2005 le coordinateur d'une étude sur le Protelos, un produit contre l'ostéoporose de Servier, qui sera commercialisé en France en 2006 avant d'être "mis sous surveillance à la suite de la mort de huit personnes", selon l'hebdomadaire.
Le Pr Bréart a depuis déclaré ses liens d'intérêt avec Servier, conformément à une loi mise en place en 2007, et précisé avoir reçu une rémunération.
Quant à Françoise Forette, professeur de gériatrie, elle a travaillé à plusieurs reprises avec le laboratoire Servier, selon le Canard, ayant notamment "perçu des honoraires comme conférencière". Sa Fondation nationale de la gérontologie remet par ailleurs depuis 19 ans, conjointement avec le laboratoire, un prix à de jeunes chercheurs.
Les professeurs Bréart et Forette participent en outre à la Fondation de coopération scientifique créée dans le cadre du plan Alzheimer, aux côtés du laboratoire Servier et d'autres laboratoires.
Interrogé par le Canard, Xavier Bertrand a indiqué qu'il "n'avait pas connaissance" des liens de ces collaborateurs avec Servier.
Mardi après-midi, lors des questions orales à l'Assemblée, il a souligné qu'il fallait aller "beaucoup plus loin" sur la question des conflits d'intérêt, et a souhaité que les membres de cabinets ministériels fassent eux aussi des déclarations d'intérêt, qu'ils suivent la politique du médicament ou non.

(Nouvelobs.com avec AFP)

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MessageSujet: Re: Quizz   Mer 7 Sep - 15:53

Culture du secret, lobbying, intimidations... L'inventeur du Mediator entretient des liaisons troubles avec la classe politique et le monde médical. Contre-enquête au coeur du système. Par Sophie des Deserts




Article publié dans le Nouvel Observateur du 13 janvier 2011

Il a l'oeil rieur et le sourire patelin. "Tous mes voeux, chère madame."

Il s'avance dans son complet gris, petit lutin sec, des airs de Louis de Funès. Ses communicants avaient prévenu que le docteur Jacques Servier, 88 ans, passerait la tête pour dire bonjour mais qu'il ne resterait pas. Seulement voilà, l'industriel entame un de ces numéros de charme dont il a le secret.

Il est prêt à parler de sa vie, de son oeuvre, de son père instituteur devenu pharmacien, et aussi du scandale qu'il affronte avec le Mediator. "Tout cela est odieux", dit- il. Sa chargée de com', la neuro-biologiste de l'amour Lucy Vincent, blêmit : "On ne vous retarde pas, Monsieur Servier", et le pousse gentiment vers la sortie.

Ouf, pour un peu, "Papy", comme on l'appelle dans ses usines, aurait resservi sa théorie du complot. "Une fabrication", voilà comment le docteur Servier a commenté dans "le Monde" l'affaire du Mediator. 500 morts, peut-être même beaucoup plus, pas un mot de compassion.

Désastreux pour l'image du labo, si bien que les spécialistes d'Image 7, emmenés par Anne Méaux, gourou des politiques et des grands patrons, ont été appelés à la rescousse. Consigne officieuse : ne sortez plus "Papy" du placard.



Le "Dassault du médicament"

Terrible fin de règne pour un homme qui a prospéré toute sa vie à l'ombre des puissants. Le bon docteur, jadis lié au président Pompidou, a été fait chevalier de la Légion d'honneur en 1985 par François Mitterrand puis élevé au rang de grand-croix par Nicolas Sarkozy.

Jacques Servier, le "Dassault du médicament", se croyait inébranlable. Durant soixante ans, l'Auvergnat a tissé sa toile, engrangé des milliards, bâti un empire pharmaceutique, qui emploie aujourd'hui 20.000 personnes dans le monde entier.

Une pieuvre, intouchable. Et voilà qu'un vieux médicament, le Mediator, qui représente moins de 1% de son chiffre d'affaires, sape l'oeuvre de sa vie. 155 millions de boîtes écoulées en 33 ans, quand bien même les 500 décès auraient eu lieu - ce qui demande à être vérifié -, notent les défenseurs du maître, cela ferait un taux de mortalité de 0,0005%, beaucoup de bruit pour pas grand-chose.

Une information judiciaire a été ouverte au parquet de Paris. Panique au siège social, rue Garnier, à Neuilly. Toutes les directions, même les filiales les plus lointaines, ont reçu ordre de nettoyer les messageries et de détruire d'urgence les archives. La consigne a été donnée par téléphone pour ne pas laisser de traces.

"C'était de la poésie"

"La légende Servier a été écrite par Jacques, et par lui seul", confie un membre de sa famille. "Personne ne connaît au juste l'histoire véritable de la firme. De toute façon, à part lui, personne n'est autorisé à parler."

Le chef, hostile à tout organigramme, a toujours relégué dans l'ombre ses collaborateurs. Même les quatre filles du docteur Servier n'ont jamais eu droit à un filet de lumière. L'une est décédée, l'autre, condamnée pour avoir tué son mari à la hache un soir de désespoir, est sortie de prison et vit cloîtrée à Neuilly.

L'aînée et la cadette, médecins, ont un temps travaillé pour Dieu le père avant de se brouiller avec lui et de s'exiler à Bruxelles. Mais voilà plus d'un demi-siècle que Jacques conte inlassablement sa belle histoire, celle d'un bougnat parti de rien, une petite officine orléanaise achetée en 1954 qui produisait de l'huile de foie de morue.

"C'était de la poésie", admet-il aujourd'hui, "on fabriquait du sirop." L'industriel, connu pour ses talents de comédien, modifie les versions au gré de ses interlocuteurs.



"Une belle carrière..."

Un proche de la famille se souvient que Jacques avait non pas racheté mais hérité l'officine de son père, avec son frère, qu'il a peu à peu écarté. Le jeune homme, titulaire d'un diplôme de médecine puis de pharmacie, marié en uniforme alors qu'il décidait, en 1944, de s'engager dans l'armée, se lance à la fin des années 1950 dans la fabrication de médicaments.

Jacques Servier réalise vite que son secteur d'activité est éminemment politique. C'est l'Etat qui accorde les autorisations de mise sur le marché, fixe le prix des médicaments, leur taux de remboursement...

L'industriel soigne donc ses réseaux. Depuis un demi-siècle, tout Paris défile dans son hôtel particulier de la rue Charles-Laffitte, à Neuilly : patrons du CAC 40 et des médias, hauts fonctionnaires, politiques, les ministres de la Santé de droite, comme de gauche, Simone Veil, Bernard Kouchner, Roselyne Bachelot, mais aussi DSK, Laurent Fabius, Xavier Bertrand, Alain Juppé, Jean- François Copé... Le Cercle Hippocrate du bon docteur se veut un espace "où l'on parle de tout de rien. Le Siècle, en plus amusant", dit Alain Gourdon.

Cet énarque, ancien inspecteur de l'ONU, ex-conseiller de Sihanouk et de Muhammad V, a organisé nombre de déjeuners pour M. Servier. En novembre, il réunissait Edith Cresson, Marie-France Garaud, Philippe Tesson, Michel Charasse et Bernard Gotlieb, le mari d'Odile Jacob...

Jacques Servier n'est plus aussi assidu qu'autrefois. Souvent il ne fait qu'observer, parfois, il prend à part un haut fonctionnaire de la santé et glisse : "Je me suis entendu avec beaucoup de vos prédécesseurs, et tous ont fait une belle carrière..."

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MessageSujet: Re: Quizz   Mer 7 Sep - 15:54

"Du lobbying ? Jamais"

L'industriel a de belles prises à son actif, pas seulement parmi les anciens de l'Agence du Médicament, de l'Académie nationale de Médecine ou de Pharmacie. Il s'est offert les services d'ex-ministres, ceux de Jean-Bernard Raimond, ancien du Quai-d'Orsay ou de l'ex-garde des Sceaux socialiste, Henri Nallet.

C'est son ami Jean-Paul Huchon qui l'a recruté pour Jacques Servier. Nallet avoue avoir été séduit par ce personnage balzacien, sa culture "proche de celle de Mitterrand", sa fibre sociale, qui a garanti à ses salariés de hauts salaires et les 35 heures, dès leur entrée en vigueur.

Pour un peu, il en ferait un utopiste de gauche, alors que le docteur Servier n'a jamais dissimulé ses liens avec la droite la plus conservatrice. Il fut l'ami intime d'Alexandre Varaut, l'avocat de Maurice Papon, qu'il prit aussi comme conseil, il choisit un temps comme successeur Jean-Marcel Zagamé, un ex de l'OAS.

Nallet assure qu'il a été embauché pour ses seules compétences en droit communautaire. "Du lobbying ? Jamais", assure-t-il, à part quelques déjeuners avec René Teulade, le sénateur PS chargé des questions sociales, et un coup de fil à Bernard Kouchner, afin d'obtenir des visas pour des médecins chinois venus visiter les centres de recherche Servier.

"Je ne mélange pas les genres", jure aussi Michel Hannoun. Le gynécologue, ex-député RPR de l'Isère, est depuis 2002 directeur des études Servier Monde. "Un titre qui ne veut rien dire", admet-il. "Je m'occupe de réfléchir aux différents systèmes de santé." Membre du conseil d'administration de l'APHP, il dirige aussi la fédération des professionnels de l'UMP et l'Acip (Association des Cadres de l'Industrie pharmaceutique). Il insiste : "Tout est bien cloisonné". A l'Assemblée, où l'ancien élu revient régulièrement, personne n'est vraiment dupe. Avant Noël, Michel Hannoun a interpellé Gérard Bapt, le député parti en guerre contre le Mediator : "Mais enfin, qu'as-tu contre Servier ?".



3,7 milliards d'euros de chiffre d'affaires

Jusqu'ici les élus ont toujours été bienveillants avec la firme. Pensez donc : Servier, fleuron de l'excellence française, second laboratoire pharmaceutique indépendant au monde, 3,7 milliards d'euros de CA, dont 25%, soit la totalité du bénéfice, consacré à la recherche... Tant pis si le discours bien huilé est invérifiable car l'entreprise, transformée en fondation, n'a jamais publié aucun compte.

Jacques Servier qui, comme tous les grands patrons, craignait d'être nationalisé en 1981, a pris, avant le grand soir, ses dispositions et créé un système opaque éclaté en une myriade de sociétés. Aujourd'hui, il règne sur ses dizaines de filiales, dont une à Genève, chargée de gérer son patrimoine et dirigée par le frère de l'ancien directeur de TF1, Dominique Mougeotte.

Neuvième fortune de l'Hexagone, remarié l'an dernier, pour la troisième fois, avec une de ses vieilles collaboratrices, le docteur vit depuis toujours en bon Auvergnat. Pas d'excès, pas de signe extérieur de richesse, à part un chauffeur pour sa 607 et un garde du corps qui veille discrètement, quand à l'occasion il sort dîner à La Coupole ou rejoint sa maison varoise de Beauvallon.
Vivons heureux, vivons caché... Le secret, parfois proche de la paranoïa, est au coeur de la culture maison. "Quand on entre chez Servier, on a l'impression de pénétrer au Pentagone", s'amuse un cadre haut placé. "Les boîtes mail sont contrôlées, les BlackBerry, interdits, de peur qu'on nous espionne mais, depuis vingt ans, nous n'inventons rien, nous recyclons essentiellement de vieilles molécules."

L'effet placebo

Nombre de médecins, comme le professeur Philippe Even, pensent aussi que, "à part quelques médicaments efficaces, comme le Glucidoral et le Diamicron - deux antidiabétiques - et le Coversyl, efficace contre l'hypertension, beaucoup de produits Servier sont de la poudre de perlimpinpin".

Le docteur en chef l'a d'ailleurs souvent dit : il croit beaucoup à l'effet placebo. Sa réussite est avant tout liée à son génie du marketing. Servier a l'art de vendre ses médicaments, même ses génériques commercialisés, avec succès, sous l'étiquette Biogaran.

Il joue toujours la différence, la fameuse French touch, précieux sésame pour conquérir l'Europe de l'Est, la Russie, l'Asie... "Nous sommes les meilleurs", a toujours rappelé le fondateur, en parlant aussi de lui-même ; il fut même un temps où le grand homme poussait le culte de la personnalité jusqu'à faire graver son profil dans du bronze, un petit souvenir que tout cadre un peu ambitieux se devait d'acheter.

"Quand c'est Servier, c'est suspect"

En France, où le laboratoire ne réalise que 15% de son chiffre d'affaires, l'excellence Servier n'est pas toujours reconnue. Un professeur de pharmacologie réputé enseigne même à ses étudiants : "Quand c'est Servier, c'est suspect".

La firme est régulièrement épinglée pour son opacité par la revue "Prescrire". Toute vérité scientifique n'est pas bonne à dire quand on fait du commerce. Il faut savoir présenter les choses, ainsi Servier a pris soin de ne jamais mentionner que le Mediator était un coupe-faim amphétaminique, ce qui lui a permis de survivre, quand tous les autres médicaments de cette classe, notamment ses bébés, l'Isoméride et le Pondéral, ont été interdits en 1997.

Les médecins scrupuleux savaient, mais les autres, ceux qui n'avaient pas la même conscience, ou simplement pas le temps ? Ils écoutaient les visiteurs médicaux de la maison, le plus souvent des femmes. Connues pour leur physique agréable et leur formation redoutable, elles sont tenues d'apprendre par coeur les argumentaires de vente, qui seront diffusés partout dans le monde.

"On les répète à la virgule près, avec interrogations écrites et orales", indique l'une d'entre elles. "Devant les médecins, le nom de la molécule doit être prononcé un certain nombre de fois. C'est juste du brain washing !"

Séduire les médecins

Les employés de Servier, comme ceux des autres laboratoires, disposent d'autres moyens pour séduire les médecins. Un stylo Montblanc, des chèques-cadeaux, la promesse d'une prise en charge pour un congrès à Prague ou à Miami.

Servier choie les blouses blanches dès l'internat, il paie les pots de départ, distribue des prix, des aides pour les DEA... Le labo, qui collabore avec le CNRS, l'Inserm, l'Institut national du Cancer, l'Institut du Cerveau, finance ainsi une bonne partie de la recherche française, arrose les revues, les sociétés savantes, dont la très puissante Société de Cardiologie.

Un cadre de chez Servier est aussi trésorier de la Société française de Pharmacologie et de Thérapeutique, une responsable du labo préside celle de toxicologie. Son mari, Jean-Roger Claude, toxicologue réputé, employé lui aussi chez Servier comme consultant depuis 1972, est l'un des piliers de l'Afssaps, membre inamovible de la commission d'autorisation de mise sur le marché. "Tout le monde connaît mes conflits d'intérêts", explique sereinement le professeur. "Ça ne m'empêche pas d'être objectif bien au contraire."

Certains de ses confrères, souvent liés eux aussi à l'industrie, acquiescent. D'autres sont plus sceptiques. "Sans qu'on le réalise, songe un pharmacologue, Servier finit peut-être par endormir nos consciences."

Ni l'échec ni la contradiction

Le labo est partout. Quand, en 1999, un cardiologue marseillais, Georges Chiche, qui a décelé une anomalie aortique chez un patient traité au Mediator, fait une déclaration au centre de pharmacovigilance, il reçoit aussitôt la visite d'un médecin de Servier : "Votre cas n'a aucun rapport avec le Mediator".

Le laboratoire, pourtant, ne peut ignorer les risques de son produit, sa parenté chimique avec l'Isoméride. En 1994, déjà, une cardiologue belge avait alerté Servier, après avoir répertorié 11 cas de valvulopathies chez des patientes qui prenaient des coupe-faim, dont l'Isoméride et le Mediator. Un médecin du laboratoire est venu l'aider à remplir une fiche de pharmacovigilance. Mais personne ne l'a jamais rappelée. Six ans plus tard, elle comprendra pourquoi.

En France, le procès de l'Isoméride n'a pas eu lieu, seules deux femmes ont osé attaquer Servier. "Beaucoup de malades ont refusé d'aller en justice parce que leurs médecins les décourageaient, elles ont subi des pressions, elles avaient peur", se souvient l'une d'elles, qui a fini par gagner en Cassation.

Mais aux Etats-Unis, où l'Isoméride, vendu sous le nom de Redux par une firme américaine, des milliers de victimes portent plainte. La cardiologue belge est invitée à témoigner au procès. A l'époque déjà, Jacques Servier crie au complot. Une cabale probablement organisée par le lobby des obèses, c'est ce que lui et ses partenaires américains se disent.

Comme son fondateur, le laboratoire ne supporte ni l'échec ni la contradiction. Outre-Atlantique, les avocats font des découvertes inouïes. Un jeune médecin de Servier, qui avait alerté sa hiérarchie sur les effets neurotoxiques de l'Isoméride, a été prié de se taire, avant d'être licencié. Une autre étude, pratiquée sur des rats traités avec le médicament, qui montrait un épaississement des valves, a été ignorée. Servier semble avoir parfois une conception bien particulière de la recherche...



"Pense à ta carrière"

Après son signalement, le docteur Chiche n'a lui non plus reçu aucune nouvelle, ni du laboratoire ni des autorités sanitaires. Mais un confrère cardiologue, adjoint à la mairie de Marseille, l'a prévenu : "Pourquoi fais-tu des trucs comme ça ? Pense à ta carrière".

A la même période, d'autres personnes en conflit avec Servier font l'objet d'intimidations, toujours anonymes. Le professeur de McGill, Lucien Abenhaïm, qui a diligenté la première grande étude démontrant les dangers de l'Isoméride, reçoit des petits cercueils à son domicile.

Un responsable du ministère de la Santé chargé du dossier est menacé par téléphone : "Méfiez-vous quand vous traversez la rue". Un journaliste, qui enquête lui aussi sur le coupe-faim, est suivi lors d'un week-end extraconjugal à Venise. Peu après, son épouse reçoit un dossier, avec facture de l'hôtel, photos, relevés détaillés de carte bancaire. De simples coïncidences sans doute...

En 1999, "le Nouvel Observateur" et "le Canard enchaîné" révèlent que le laboratoire abrite, dans un appartement de son président, une officine composée d'anciens de la police, de la DST et la DGSE. Ces employés spéciaux sont chargés d'écarter, à l'embauche, tous les indésirables, gens de couleur, homosexuels, gauchistes, syndicalistes... après avoir interrogé trois "références" professionnelles et trois "personnelles" exigées pour chaque candidat, comme le font les francs-maçons.

La cellule secrète

Personne n'avait entendu parler de ce service, jusqu'à ce l'un de ses agents, après avoir été licencié, déballe tout. Reçu par le procureur de Nanterre de l'époque, Yves Bot, aujourd'hui proche de Nicolas Sarkozy, il lui raconte les méthodes de recrutement Servier, et ajoute, preuves à l'appui, qu'en Russie le laboratoire sert de couverture à la DGSE. Yves Bot l'écoute une heure, glisse au passage que son épouse, pharmacienne, trouve les produits Servier excessivement chers. La plainte de l'ex-agent secret comme celle de la Cnil et de quatre salariés discriminés à l'embauche seront classées sans suite.

Officiellement, la cellule secrète a disparu. En réalité, selon nos informations, elle est encore active et toujours dirigée par Martine Loo, une-ex du renseignement militaire, directement rattachée au président. Les liens souterrains entre le labo, refuge de plusieurs hauts gradés de la police, et la Place-Beauvau perdurent. Rien, apparemment, n'a changé. "Pour embaucher au Brésil ou en Corée une simple comptable, on a toujours la visite de nos barbouzes", témoigne un haut responsable de la firme.

Des liens avec Nicolas Sarkozy ?

Comment Servier a-t-il pu perpétuer impunément ses méthodes si singulières ? Comment peut-il obtenir, pour ses produits, des prix et des taux de remboursement élevés alors que le service médical rendu n'est pas toujours avéré ? Pourquoi semble-t-il souvent bénéficier d'une clémence des autorités ?

"La nation vous est reconnaissante de ce que vous faites", a déclaré Nicolas Sarkozy en décorant Jacques Servier. A quoi faisait référence le président ? A tous ses services personnels rendus, depuis ce jour où l'industriel, bluffé par ce maire de Neuilly si brave lors de la prise d'otages de la maternelle du 13 mai 1993, a décidé de miser sur lui ? Aux honoraires que Jacques a versés à Nicolas quand ce dernier a repris sa robe d'avocat d'affaires ; aux financements qu'il assura, en tant que membre du premier cercle de l'UMP, pour la campagne présidentielle de 2007 ? Le chef de l'Etat faisait-il allusion à d'autres services, indicibles, liés aux intérêts supérieurs de la France ?

Il s'est simplement incliné devant le vieux docteur : "Vous vous êtes battu toute votre vie pour soulager et pour guérir".



"Nous n'avons rien à nous reprocher"

Sur les murs en velours de son siège social, Jacques Servier a fait graver en lettres dorées : "Là où est l'amour des humains est aussi l'amour du métier". Cette citation d'Hippocrate a marqué des générations de visiteurs médicaux.

En 2007, l'un d'entre eux apprend, lors d'un congrès, qu'une pneumologue brestoise, Irène Frachon, travaille sur des cas de valvulopathie apparemment liés au Mediator. Il s'inquiète, prévient sa hiérarchie.

Branle-bas de combat, des fiches sont immédiatement distribuées aux délégués médicaux afin qu'ils répètent : "II n'y a aucun lien possible entre le Mediator et les valvulopathies". La machine Servier s'active pour discréditer la pneumologue. A l'Afssaps, un de ses relais prend à partie un expert jugé trop favorable à son travail. "C'est toi qui fricote avec cette fille, tu vas le payer cher, de ta vie professionnelle et aussi de ta vie privée". Certains membres de l'Agence se demandent même comment faire radier la jeune femme du Conseil de l'Ordre.

Depuis, Irène Frachon est une héroïne et la Cnam compte les morts. 500, 1.000 ? Un "chiffre marketing", a commenté Jacques Servier en présentant ses voeux à son personnel. Il nous le redit : "Nous n'avons rien à nous reprocher".

Sophie des Deserts - Le Nouvel Observateur

Article publié dans l'hebdomadaire du 13 janvier 2011

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vince
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MessageSujet: Re: Quizz   Mer 7 Sep - 16:39

Je suis d'accord et nous savons qui était un des avocats de Servier.

Je dis attention a se que cela ne soit pas l'arbre qui cache la forêt, par certain que les autres labo fassent mieux. Les psychotropes par exemple.

Il s'agit d'un groupe français qui emploie beaucoup de monde, éliminer se labo plutot qu'un autre serait aussi une façon de porter atteinte a notre économie. Que les autres groupes pharmaceutique soit contrôlés est nécessaire aussi, les autres ne font pas mieux et peuvent même être pire, le médiator c'est du tout petit médicament, il y a extraordinairement pire.
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vince
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MessageSujet: Re: Quizz   Mer 7 Sep - 16:52

Derrière chaque médicaments, il y a des dizaines, des centaines voir des milliers ou plus de médecins qui chacun ont leur part de responsabilité plus ou moins grande mais réel. Nous parlons de nullité global, parce qu'il y a des médecins qui ont voulu savoir et n'ont pas préscrit ce médicament.
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FILIPPUNIULINCU
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MessageSujet: Re: Quizz   Mer 7 Sep - 17:07

J'ai pris du médiator, j'ai eu 2 embolies pulmonaires (1 double monstrueuse et 1 simple) après la prise du "médicament" ...
Et avant j'avais eu aussi de l'isoméride et là aussi j'en avais eu 2 aussi (1 simple et 1 double) après la prise du "médicament"
Tout va bien
Suis un véritable miraculé



Dernière édition par FILIPPUNIULINCU le Mer 7 Sep - 17:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Quizz   Mer 7 Sep - 17:10

Mais les médecins , les pharmaciens sont tous à la botte des labos, s'ils refusent de bosser avec eux, ils sont tricards pour la suite. C'est le système qui veut cela Evil or Very Mad Evil or Very Mad
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vince
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MessageSujet: Re: Quizz   Mer 7 Sep - 18:08

Mon père en a pris pendant douze ans, il a eut quelques ennuis cardios vasculaire sérieux tout de même. J'arrives au même age que lui lorsque que ses ennuis ont commencé, je peux te dire que je flippe, a la limite je me dis que de ne pas avoir pris de médiator peut me permettre d'être optimiste. Ceci dit je pense que les médocs doivent étre pris lorsque nécessaire, ni plus ni moins, les médecins en général surtout les généralistes ne sont pas au niveau pour trouver le bon équilibre risque/bénéfice.

Un médecin ne fait pas d'étude scientifique a proprement parler en tous les cas pas au niveau doctorale, un médecin n'a pas de formation continue tout au long de sa carrière, qui peut rester quarante ans sans formation solide et être a niveau ?

Il n'y a pas de problème individuel mais collectif, le refus d'avancer au même rythme que la société de la part d'une corporation. Les connaissances d'un généralistes sont faibles....J'admire plus un électronicien et de loin qu'un médecin.... un médecin c'est le niveau d'un coiffeur qui a approfondis son métier, pas plus ...Je ne carricature qu'a paine, c'est dramatique ...
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Quizz
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