Chjachjaratoghju di Bastia


 
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 Merci Jean-Jacques E!!!!

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Pierfran
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MessageSujet: Merci Jean-Jacques E!!!!   Merci Jean-Jacques E!!!! EmptyVen 20 Jan - 19:08

Citation :
Divers : Eydelie (ex-Marseille) fait scandale
vendredi 20 janvier 2006 - 18 h 38



Ex-joueur de l’Olympique de Marseille, Jean-Jacques Eydelie, dans l’Equipe Magazine, fait des déclarations sulfureuses : il raconte que son équipe aurait notamment été dopée pour la finale de Munich face au Milan AC. Il confirme que la corruption aurait été monnaie courante, selon lui, à Marseille.

Dans le numéro de L’Equipe Magazine à paraître samedi 21 janvier, l’ex joueur de l’Olympique de Marseille, Jean-Jacques Eydelie fait une sortie tapageuse en accusant l’OM de Bernard Tapie d’avoir gagné ses titres grâce au dopage et à l’achat de divers matchs. Eydelie, formé à Nantes, déclare que le dopage, selon lui, était présent dans tous les clubs où il est passé, sauf à Bastia : « Le dopage, je l’ai vu dans tous les clubs où je suis passé, sauf à Bastia. Dans les années 1980-90, beaucoup de choses traînaient. »

Sur l’antenne de RMC Infos, son ex partenaire de l’OM, Manuel Amoros, a déclaré ce qu’il dit « n’est pas forcément réel à 100% » mais selon lui « il n’y a pas de fumée sans feu. »

Actuellement au RMI et abandonné de tous, selon ses dires, Jean-Jacques Eydelie, impliqué dans la fameuse affaire de corruption OM-VA en 1993, sort un livre au mois de mars, annonce L’Equipe Magazine. Certains parlent déjà de déclarations à visées commerciales visant à faire vendre son livre.

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MessageSujet: Re: Merci Jean-Jacques E!!!!   Merci Jean-Jacques E!!!! EmptySam 21 Jan - 9:32

Citation :
Eydelie affirme que "tricher était devenu une seconde nature" à Marseille
L'ex-joueur de football Jean-Jacques Eydelie, condamné en 1995 dans l'affaire de corruption OM-Valenciennes, affirme que "tricher était devenu une seconde nature" à Marseille quand il y évoluait (1992-93), dans un entretien à L'Equipe magazine à paraître samedi.

Eydelie, qui publiera un livre de témoignages le 1er mars, revient notamment dans cet entretien sur son rôle lors du match arrangé contre Valenciennes, le 20 mai 1993. Il explique avoir pris contact avec des joueurs de VA (Christophe Robert, Jorge Burruchaga et Jacques Glassmann) avec la promesse d'obtenir de la part de Marseille, en retour, un "nouveau contrat" de "cinq ans à 250.000 francs (38.000 euros) par mois".

L'ancien joueur, titulaire lors de la finale de la Ligue des champions 1993 remportée par Marseille, affirme que l'arrangement de matches ne s'est pas limité à cette seule rencontre: "Pour les dirigeants de l'OM, tricher était devenu une seconde nature. Il fallait que les choses leur échappent le moins possible. Pendant des années, quasiment tous les joueurs qui venaient à l'OM avaient participé à des arrangements de match".

Sans citer les noms des "dirigeants de l'OM" ou de ses ex-coéquipiers éventuellement impliqués dans ces arrangements présumés, il continue: "Nous étions tous sollicités à un moment ou à un autre pour passer un coup de fil à un ancien coéquipier ou à un copain pour s'+arranger+".

"Tous les joueurs de l'OM savaient"

"Tous les joueurs de l'OM savaient, certains ont même participé à des +arrangements+. En la fermant, j'ai respecté leur carrière. Certains se sont constitués de très, très beaux palmarès. Ces titres, ils les ont mérités sur le terrain, mais en dehors...", poursuit Eydelie qui, aujourd'hui au chômage, regrette ainsi de ne jamais avoir eu de soutien de la part de ses ex-coéquipiers, comme Marcel Desailly ou Didier Deschamps.

Eydelie raconte aussi un épisode survenu selon lui avant le match de Ligue des champions contre le CSKA Moscou, le 3 mars 1993 à Berlin: "Nos dirigeants avaient récupéré les packs d'eau des joueurs moscovites. Devant nous, avec un large sourire, ils se sont servis d'une seringue avec une aiguille très fine pour injecter je ne sais quoi à travers le bouchon", raconte-t-il, toujours sans citer de noms.

S'il cite l'ex-directeur général Jean-Pierre Bernès, condamné dans le cadre de l'affaire OM-VA, Eydelie n'accuse pas l'ex-président Bernard Tapie de malversations, lui reprochant surtout d'avoir récupéré à son seul profit la victoire de 1993: "Ce n'est pas lui qui a gagné la Coupe d'Europe comme il a voulu le faire croire à tout Marseille. Non, ce sont les joueurs qui étaient sur le terrain qui l'ont gagnée cette coupe."

RMI et allocations familiales

Evoquant aussi l'ensemble de sa carrière, Eydelie assure que le dopage était très répandu. "Le dopage, je l'ai vu dans tous les clubs où je suis passé, sauf à Bastia. Dans les années 1980-90, beaucoup de choses traînaient. On nous donnait des cachetons. C'était de la folie, en particulier autour du Captagon (un stimulant)".

Jean-Jacques Eydelie, 39 ans, avait rejoint Marseille en 1992 en provenance de Nantes, où il avait débuté. Ecroué dix-sept jours en juin 1993, suspendu de septembre 1993 à janvier 1995 par les instances sportives et condamné à un an de prison avec sursis par la justice en mai 1995, il ne parvint jamais à retrouver le très haut niveau, ballotté de Bastia à Zurich en passant par Sion.

"Oui, si j'avais su, jamais je n'aurais fait ça. Parce qu'une victoire, même prestigieuse, ne justifie pas que tu mettes en péril ta vie et celle des tiens", note celui qui, selon L'Equipe magazine, vit aujourd'hui avec "le RMI et les 600 euros d'allocations familiales que touche la famille

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MessageSujet: Re: Merci Jean-Jacques E!!!!   Merci Jean-Jacques E!!!! EmptyDim 22 Jan - 1:16

Citation :
Il avait menti aux policiers et au juge couvrant partenaires et dirigeants.
Douze ans après l’affaire VA-OM, l’ancien milieu de terrain marseillais se sent lâché
de tous. Réduit au chômage, il a choisi de parler dans « L’Équipe Magazine ».
En attendant la sortie d’un livre, le 1er mars.

LE 26 MAI 1993, l’image, majestueuse, symbolise l'aboutissement d’une carrière sportive : l’Olympique de Marseille vient de battre 1-0 le Milan AC en finale de la Ligue des champions.
Le maillot de Gianluigi Lentini noué autour du cou, sourire large, Jean- Jacques Eydelie peut soulever la coupe.
Le Charentais, que l’on dit alors « aux portes de l’équipe de France », réalise son rêve. À Munich, il trouve aussi la justification du jeu autrement dangereux, interdit même,auquel il s’est livré quelques jours plus tôt à Valenciennes. Celui de l’intermédiaire dans la triste affaire de l’achat du match VA-OM.
De cette bascule radicale de la lumière vers l’ombre, de la gloire à la prison, Jean-Jacques Eydelie a conservé quelques articles de presse dont le papier a jauni. Nous sommes à Saint-Georges-de-Didonne, 5 000 habitants,aux portes de Royan. L’ancien footballeur, son épouse Christine et leurs cinq enfants vivent dans un meublé.Oubliés de tout et de tous. Jean-Jacques Eydelie se trouve constamment confronté à ce passé qui ne cesse de le ronger.
« Si j’avais su, dit-il, jamais je ne serais tombé dans le piège. Je ne cherche pas d’excuse à mes actes,parce que, dès la naissance, mon rêve était de devenir champion d’Europe. J’étais prêt à tout pour y parvenir. » Le temps a poli sa réflexion, avivé ses regrets. « Oui, si j’avais su,balbutie-t-il,jamais je n’aurais fait ça.Parce qu’une victoire ,même prestigieuse, ne justifie pas que tu mettes en péril ta vie et celle des tiens. »
Jean-Jacques Eydelie avait bien un boulot jusqu’en mars dernier. Magasinier-livreur dans
une entreprise de meubles. Au SMIC. Mieux que rien, mais à peine suffisant pour nourrir sa famille. Depuis son licenciement au mois d’avril, il se repose sur le RMI et les 600 euros d’allocations familiales que touche la famille. La misère. La honte. « Quand mes parents montent d’Angoulême, avant d’arriver, ils passent par le supermarché afin de remplir notre réfrigérateur. Oui, j’ai honte parce que mes parents sont de modestes retraités. Jamais, je n’ai souhaité cette fin de vie pour eux. »
La honte encore lorsqu’il se souvient des deux derniers étés. « À cette période de l’année, nos propriétaires louent le meublé aux touristes et en tirent un rapport plus conséquent.Nousdevons donc déménager en juillet et en août jusqu’au camping voisin pour vivre sous une tente. »
Écroué pour dix-sept jours en préventive en juin 1993,suspendu dix-huit mois par la FFF puis condamné à un an de prison avec sursis, en mai 1995, Eydelie n’a jamais réussi à renouer durablement avec le football de haut niveau.
De Bastia,pour un retour discret en Première Division, à Beaucaire, en National, il a tenté sa chance à Sion, en Suisse,puis à Walsall, en Angleterre, avant de revenir en Suisse, à Zurich, pour des piges à peine rémunérées. Le FC Sion a même fait faillite quinze jours après son arrivée,en 1997, et il n’a jamais été payé ! Surtout, le pécule qu’il avait amassé durant ses années pro a fondu.
Après la flambe, il y a eu les mauvais placements et certaines promesses non tenues. C’est, en revanche, pour pas un rond qu’il était prêt à jouer pour Angoulême, le club de ses débuts. « Je n’aspirais qu’à y retrouver un peu de chaleur et d’amitié.Je voulais m’y poser. Refaire une vie, quoi. Cela n’a pas été possible. On m’a rejeté sans chercher à comprendre pourquoi j’avais fauté. Oui, même chez moi, je suis devenu indésirable. Le pardon existe-t-il ? », s’interroge- t-il encore.
« Je suis le seul à encore porter la croix de ce fameux VA-OM. Quand je vois que Tapie fait du théâtre, de la télé, que Bernès est devenu agent… Comment ne pas être écoeuré ? » Mais c’est d’abord à lui qu’il en veut.« En mai1993, quelques jours avant VA-OM, Jean- Pierre Bernès (l’ancien directeur sportif) m’a montré le nouveau contrat qu’il me proposait : cinq ans à 250 000 francs (38 000 euros) par mois.Avant la signature définitive, je devais “arranger” le match VA-OM avec Christophe Robert. Je me suis dit que l’avenir de ma famille était assuré. Mais j’aurais dû refuser. C’est l’argent qui m’a tué. »
Pas un jour ne passe depuis sans qu’il se maudisse, sans qu’il ait peur d’affronter le regard de ses enfants. Les plus grands connaissent son histoire et en souffrent. En silence. Eux aussi ont probablement dû affronter les sarcasmes de camarades d’école.De cette vie, Jean-Jacques Eydelie ne veut plus. « On va dire que je suis à l’agonie et que je crache dans la soupe. Je ne suis pourtant pas subitement devenu une balance. Pendant douze ans, j’ai tenu ma langue. Malgré les faits, les accusations, j’ai menti au juge et à la police. Je n’ai pas “donné” Bernard Tapie ni qui que ce soit d’autre. »
La pression sur Eydelie fut pourtant terrible. Sa femme Christine prend la parole : « La police est venue chez nous.On m’a dit :“Vous feriez mieux de parler,sinon on pourrait également vous incarcérer et placer vos enfants à la DDASS.” J’ai supplié Jean-Jacques d’avouer. » En vain. Il continuera de se taire et passera dix-sept jours en prison.« Pour les flics, le procureur, j’étais vraiment de la merde. On me faisait les pires chantages, on me parlait comme à un moins que rien, se souvient-il aujourd’hui.
Tous voulaient Tapie. Moi, j’étais juste celui qui pouvait amorcer le gros poisson… »
Pourquoi n’a-t-il pas craqué ? « J’ai d’abord cru à ce contrat de cinq ans. Puis je me suis raccroché à l’idée que quelqu’un finirait bien par me tendre la main. » Le héros de Munich en veut particulièrement à ses anciens coéquipiers.
« Tous les joueurs de l’OM savaient,la plupart ont même participé à des “arrangements”. En la fermant, j’ai respecté leur carrière. Certains se sont constitué de très, très beaux palmarès.
Ces titres, ils les ont mérités sur le terrain, mais en dehors… » Et l’ancien Nantais de raconter l’amitié qui l’a longtemps lié à Didier Deschamps et Marcel Desailly.« Étant plus âgé,j’ai assisté à leur arrivée au centre de formation de Nantes. En tant que stagiaire pro, j’ai même entraîné Marcel! Comme ni lui ni Didier n’avaient le permis, je les ai souvent sortis. C’étaient les premières virées en boîte, les premières copines… »
En juillet 2004, Jean-Jacques Eydelie a recroisé Didier Deschamps, à Royan. « Monaco était venu disputer un match amical. Didier a fait comme s’il ne m’avait pas vu. Il a presque fallu que je lui fasse un croche-pied pour qu’il daigne se retourner. Par le passé, je lui avais déjà exposé plusieurs fois ma situation. Il m’avait à chaque fois répondu :“On va trouver une solution.” Là encore, il m’a pris dans ses bras,m’a embrassé avant de me souffler : “Ne t’inquiète pas, je ne te laisse pas tomber.”
Depuis, plus rien, il est redevenu injoignable.Tout comme Marcel à qui j’ai laissé, sans résultat, plusieurs messages sur son téléphone portable. »
Voilà pourquoi Jean-Jacques Eydelie, l’ex-grand muet,a décidé d’enfin parler. Le 1er mars, il sortira même un livre aux éditions de l’Archipel, écrit avec notre confrère Michel Biet. Et peu importe ce qu’en penseront ses ex-coéquipiers. « Après tant de temps passé ensemble, on n’a pas le droit de laisser tomber les gens comme ça.À ceux qui croyaient que j’avais disparu,je veux simplement rappeler que je suis toujours là ! Je dois me vider de toute cette affaire.Il faut que je me nettoie,que je me laisse une chance d’être enfin propre, car j’ai été sali. Je veux me donner une dernière chance. »
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MessageSujet: Re: Merci Jean-Jacques E!!!!   Merci Jean-Jacques E!!!! EmptyDim 22 Jan - 1:17

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CE QU’IL N’AVAIT JAMAIS DIT

Déjà, quand j’étais nantais…

Les arrangements de l’affaire VA-OM, je les ai en fait subis l’année d’avant, quand j’étais encore nantais.
Un joueur très important de l’OM m’a téléphoné et m’a demandé de faire ce que j’ai moi-même demandé plusieurs mois plus tard aux Valenciennois.
Il m’a dit : “Je sais que, l’année prochaine, tu seras à Marseille, ça serait bien que, pour ce match-là, tu nous aides.” J’ai refusé catégoriquement. Je suis allé prévenir mes dirigeants afin qu’ils sachent de quoi ce joueur était capable, et pour qu’il ne puisse pas y avoir de quiproquo. Ils n’ont rien dit. Marseille a gagné 1-0 à Nantes. But de Papin.
Je comprends que nos dirigeants aient pu se poser des questions, mais je vous l’affirme à nouveau : je n’ai personnellement pas vendu le match. Après avoir refusé l’arrangement au téléphone, j’ai reçu un deuxième coup de fil, où la même personne m’a dit : “Tu refuses, mais si Marseille gagne, tu auras quand même quelque chose.” Et j’ai effectivement touché 300 000 francs (45 700 euros), malgré moi. Cette somme m’a été versée de façon tout à fait légale, deux ou trois mois après mon arrivée à l’OM, en tant que “prime exceptionnelle”.

À Marseille, ça triche à tous les étages

Pour les dirigeants de l’OM, tricher était devenu une seconde nature. Il fallait que les choses leur échappent le moins possible. Pendant des années, quasiment tous les joueurs qui venaient à l’OM avaient participé à des arrangements de match. On n’était jamais prévenus directement. C’étaient plutôt des sousentendus, avec des sourires en coin. Ils nous disaient :
“Aujourd’hui, ça va bien se passer…”, en évoquant l’arbitre ou des joueurs adverses. Des entraîneurs et des dirigeants ont aussi dû être mouillés. Ou alors, c’étaient des trucs ignobles, comme lorsque nous avons joué à Berlin contre le CSKA Moscou (le 3 mars 1993, 3e journée, 1-1).
Nos dirigeants avaient récupéré les packs d’eau des joueurs moscovites. Devant nous, avec un large sourire, ils se sont servis d’une seringue avec une aiguille très fine pour injecter je ne sais quoi à travers le bouchon. Puis ils ont demandé à un petit gamin d’aller rapporter les bouteilles. Le pire, c’est que ça faisait rire tout le monde !
Quand le CSKA Moscou est venu à Marseille (le 17 mars 1993, 4e journée, 6-0), on a vu les joueurs russes se chier dessus avant le match. Pas parce qu’ils avaient peur, mais parce qu’ils se vidaient, qu’ils avaient la chiasse d’avoir bu une boisson trafiquée.
Ils n’étaient plus en mesure de jouer un match de Coupe d’Europe. Nous, les joueurs, étions forcément au courant de ce genre de pratique. Nous étions tous sollicités à un moment ou à un autre pour passer un coup de fil à un ancien coéquipier ou à un copain pour s’“arranger”. Il y avait presque toujours quelqu’un pour demander de lever le pied à un ou des joueurs adverses. Du coup, sachant comment le club pratiquait, on ne savait jamais si on avait gagné sur notre valeur ou si, en face, certains s’étaient couchés. Pour un sportif, il n’y a rien de pire. On vivait comme une contrainte ces “arrangements” pour gagner les matches. C’était comme si Tapie n’avait pas confiance en nous, ou alors il était tellement mégalo qu’il pensait que lui seul pouvait faire gagner l’équipe.

Mon contrat carotte de 15 millions

Un jour, je passe dans le bureau de Bernès. De son coffre-fort, il me sort un document. C’était mon futur contrat, déjà signé par l’OM. Il portait sur cinq ans pour un total de 15 millions de francs (2,3 millions d’euros). C’était mon assurance vie !
Avec ce qu’il représentait, j’étais vraiment tranquille. D’autant qu’en arrivant à Marseille je n’avais signé que pour une année avec une option pour deux saisons supplémentaires. Bernès m’a bien fait comprendre qu’il le gardait au chaud.

Ce n’est pas Tapie qui a gagné

Je ne comprends pas pourquoi autant de personnes portent de l’intérêt et sont émerveillées par Bernard Tapie. Ce n’est pas lui qui a gagné la Coupe d’Europe, comme il a voulu le faire croire à tout Marseille. Non, ce sont les joueurs qui étaient sur le terrain qui l’ont gagnée cette coupe. La preuve, quand Tapie est revenu à l’OM, sans les joueurs de Munich, il n’a plus rien gagné. Goethals n’a jamais eu le dernier mot. Il était comme un grand-père avec ses petits-enfants. Il mettait une ambiance exceptionnelle à l’intérieur du groupe. C’était plus un gentil GO qu’un entraîneur.
En fait, à l’OM, l’entraîneur, ce n’était ni Goethals ni Tapie, mais l’équipe elle même. On avait un groupe avec tellement de personnages charismatiques que nous n’avions plus besoin de personne. On s’autogérait.

Sulfureux briefing sur le «Phocéa» avant le match VA-OM

Un mois environ après avoir obtenu notre qualification pour la finale de la Ligue des champions, à Bruges (le 21 avril 1993, 6e et dernière journée de poule, 1-0), toute l’équipe a été conviée à passer quelques heures sur le «Phocéa». Téléfoot était tourné en direct du bateau de Tapie. Quelques minutes avant le direct, j’ai été convoqué à l’arrière du bateau, dans un immense salon aux vitres fumées. Je me suis retrouvé avec Tapie, Bernès et deux autres joueurs que je connaissais très bien, des internationaux. Très vite, Tapie a mis les points sur les i. “Bon, les gars, avant Milan, il y a Valenciennes, et il ne faut pas prendre de risques. On doit absolument éviter les blessures. Il va falloir que vous contactiez les joueurs que vous connaissez bien.”
Le match a été arrangé moins pour nous faire gagner que pour éviter
que nous soyons cassés en deux. Avant Munich, Tapie ne parlait que de Saint-Étienne, comment les Verts s’étaient fait fracasser par Nîmes quelques jours avant la finale de Glasgow.
Sur le «Phocéa», le discours de Tapie ne laissait donc place à aucun mystère. Qui pouvait douter, à ce moment-là, que nous allions acheter le match ? Il fallait être con pour ne pas avoir compris ça. J’ai été le seul joueur de l’OM à me retrouver au centre de cette affaire, alors que, je vous le répète, je n’étais pas le seul joueur dans le salon de ce foutu bateau.

Ce qui s’est vraiment passé à Valenciennes

Cette veille de match Valenciennes-Marseille, je ne pourrai jamais la chasser de ma mémoire. À l’issue du dîner, Bernès me demande de venir dans sa chambre. Il me passe le téléphone et nous appelons Christophe Robert, Jorge Burruchaga et Jacques Glassmann. Ce dernier me dit : “Tu te rends compte de ce que tu nous demandes de faire ?” Bernès me prend alors le combiné des mains et leur dit : “De toute façon, vous ne pouvez pas gagner demain. C’est mieux de perdre avec vingt boulettes dans les poches qu’avec zéro. Et puis on peut vous trouver un club en Première Division pour l’année prochaine. À Martigues par exemple, parce que Martigues, c’est nous maintenant.”
Burruchaga a négocié le montant de l’arrangement, puis Robert s’est occupé des modalités de versement. Après avoir raccroché, Bernès m’a dit : “Va dans ta chambre, je te rappellerai.” Vingt minutes plus tard, il me rappelle à nouveau, me tend une enveloppe marron, pas très épaisse, mais très bien fermée, et me dit : “Tu descends tout à l’heure et tu la donnes à madame Robert qui t’attendra.”
Marie-Christine Robert était déjà venue me rendre visite à l’hôtel plus tôt dans la journée. Elle m’avait donné des cadeaux pour mon fils Johan, dont elle est la marraine. La retrouver quelques heures plus tard, dans ces circonstances si différentes, était vraiment surréaliste. Je n’étais vraiment pas à l’aise. En lui donnant l’enveloppe, je lui ai dit : “Qu’ils jouent normalement demain. L’argent, c’est votre problème. Mais qu’ils ne lèvent pas le pied.”
Ce n’était pas glorieux de ma part parce que je savais très bien ce qu’il y avait à l’intérieur de l’enveloppe. Mais bon, je n’ai pensé qu’à l’avenir. Ce service était le prix à payer pour mon contrat. Assurer un bon départ dans la vie à mes enfants. Il n’y avait que cela qui comptait à mes yeux. Oui, je l’ai fait pour ça, tout en étant très conscient des risques que je prenais. L’affaire a éclaté quelques minutes avant le début du match au stade Nungesser. Glassmann est allé voir son président, Michel Coencas, pour tout lui raconter. Coencas a demandé des explications à Tapie, qui s’est marré et a dégagé en touche, comme il sait si bien le faire. Puis Tapie est rentré dans notre vestiaire, et m’a pris dans un coin pour faire le point : “Glassmann a parlé. Mais les deux autres, ils sont toujours d’accord ? Je lui ai répondu que je n’en savais rien. Durant l’échauffement, Tapie est revenu me voir et m’a demandé : “C’est lequel Glassmann ?” Il avait tenté de corrompre Jacques, mais ne connaissait même pas son visage !
À la mi-temps, les dirigeants de Valenciennes ont déposé des réserves sur la feuille de match.
Nous avons gagné 1-0, but d’Alen Boksic. Après le match, tous les joueurs de Marseille ont su ce qui s’était passé. Dans le bus, j’ai en effet expliqué à haute voix pourquoi il y avait eu un tel bordel dans le couloir des vestiaires avant la rencontre et pourquoi des réserves avaient été déposées. J’ai parlé de l’enveloppe, du coup de fil, de la corruption, en concluant par : “Voilà ce qui s’est passé. Je suis dans la merde. Ils m’ont demandé de faire ça, ces enculés !” Je voulais que tout le monde sache, car je pressentais déjà que j’allais avoir de gros, gros ennuis. C’était une façon de dire à mes coéquipiers : “Attention, les gars, si un jour j’ai besoin de vous, il faudra me tendre la main.”

J’ai dû gueuler pour pouvoir jouer

Jouer une finale de Ligue des champions pour moi, Jean-Jacques Eydelie, et peut-être la gagner, être champion d’Europe, c’était un rêve de gosse. Le matin de la finale contre Milan, on a eu une première réunion. Sur un tableau était inscrite l’équipe qui allait débuter la rencontre, et j’en étais. Plus tard, à la collation, même topo sauf que mon nom avait disparu au profit de Jean-Philippe Durand. Je suis allé voir direct Tapie et Bernès sur la terrasse de l’hôtel. Tapie m’a dit : “Avec tout ce qui s’est passé, tu ne dois pas être bien dans ta tête. Alors, j’ai pensé qu’il valait mieux te remplacer.” J’ai gueulé, tellement gueulé que je me suis même montré menaçant, du genre : attention à ce que vous faites ! Je veux jouer, je vais jouer et, en plus, on va la gagner ! Du coup, Goethals m’a remis dans l’équipe à la place de Durand. Il y a des moments, je suis fier d’être champion d’Europe malgré tout ça. À d’autres moments, j’aurais préféré ne pas l’être et ne pas avoir à subir les conséquences.

À la queue leu leu pour la piqûre

Avant la finale de Munich, on nous a demandé de nous aligner à la queue leu leu pour recevoir une piqûre dans le cul. Rudi Völler a refusé. Il a engueulé tout le monde dans sa langue natale. Et, là, j’ai pensé : “Lui, au moins, c’est un mec !” Le pire, c’est qu’au même moment, dans le couloir, Tapie faisait un scandale en réclamant un contrôle antidopage à la fin du match ! Il gueulait : “Les Italiens sont tous dopés ! À moi, on ne va pas la faire !” Résultat, il n’y a eu aucun contrôle à la fin du match…
Pendant la partie, je me suis senti différent de d’habitude, mais pas comme j’espérais. Je ne salivais pas de la même façon, j’avais un drôle de goût dans la bouche. Surtout, sur les efforts intenses, mon corps ne réagissait pas de la façon habituelle. Je ne sais pas ce qui s’est passé au niveau de mon métabolisme, mais ce produit m’a plus gêné, inhibé qu’autre chose.
C’est la seule fois où j’ai accepté de prendre un produit. Heureusement que je ne me suis pas plus dopé, car j’étais déjà au départ quelqu’un de très impulsif. Tapie m’avait d’ailleurs pris pour ça. Il m’avait dit : “Toi, t’es un fou furieux, je préfère que tu casses les adversaires plutôt que mes joueurs !”
Le dopage, je l’ai vu dans tous les clubs où je suis passé, sauf à Bastia. Dans les années 1980-90, beaucoup de choses traînaient. On nous donnait des cachetons. C’était de la folie, en particulier autour du Captagon. À Nantes, Michel Bibard a toujours refusé d’utiliser ces produits avant un match. Mais, un jour, il a voulu l’essayer à l’entraînement pour voir ce que ça donnait. Ça l’a rendu fou, barjot !
Suaudeau était absolument contre tout ça. Il voulait rester le plus naturel possible
. Quand j’ai joué en Suisse, des gamins de vingt ans se faisaient des grosses injections de sang de boeuf avant presque tous les matches. Ils étaient aussi dans la créatine à fond. Ils en prenaient aussi facilement que du chocolat en poudre au petit déjeuner ! Ça leur donnait plein de boutons.
Dans le football professionnel, il y a toujours eu une grande intimité entre le médecin et le joueur. Dans 90 % des cas, ce sont les joueurs qui demandent la dope et non les médecins qui la proposent. Et même dans ce dernier cas de figure, il y a toujours moyen de dire non, comme moi j’aurais dû dire non avant la finale de Munich. Le dopage dans le foot, les joueurs n’en parlent jamais entre eux. Je pense que les trois quarts de ceux qui y touchent le font moins pour des raisons physiques que psychologiques. Ils ont besoin de se rassurer. On mettrait de l’eau dans la piqûre, ils ne s’en rendraient même pas compte. En revanche, ce besoin d’être rassuré les rend complètement accros.
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