Castration chimique : une victime d'inceste répond à Sarkozy Par Naja Tiboulen | Simple citoyenne | 09/10/2009 | 21H25
Le gouvernement envisage la castration chimique de certains délinquants sexuels. Une mesure loin de faire l'unanimité.
A l'occasion de l'affaire Hodeau, vous et
des membres du gouvernement, vous êtes déclarés favorables à une
législation autorisant la castration chimique de certains délinquants
sexuels. Une proposition de loi devrait d'être déposée en urgence,
d'ici la fin du mois. Elle reprendrait
un texte de 2007 dans lequel il s'agissait de pouvoir imposer ce châtiment aux violeurs d'enfants de moins de 13 ans.
Selon Michelle Alliot-Marie, « cette
affaire dramatique illustre la nécessité de renforcer encore notre
dispositif de lutte contre la récidive et de prise en charge des
criminels sexuels ».
Non, ce que cette affaire illustre, c'est
votre propension éhontée à faire d'un drame une opportunité politique.
Yves Nicolin, député UMP s'apprêtant à déposer la proposition de loi
dont il est question, présente les choses sans détour :
<blockquote style="text-align: left;">« Autrefois, l'opinion et
l'Etat n'étaient pas prêts à aller dans ce sens, mais cela a changé. »
« Nous devons profiter de ce fait tragique pour mettre en place cette
solution qui a fait ses preuves. »
</blockquote>
Profiter ? J'ai bien lu. Et comment
profite-t-on d'un tel drame à l'UMP ? En recevant à l'Elysée les
proches de la victime assassinée et en faisant la publicité de leur
émoi intime alors qu'ils sont encore sous le choc.
Votre stratagème relève de l'impostureVous n'éprouvez donc pas le moindre
scrupule à exploiter la douleur d'autrui dans le but de récolter les
faveurs de l'opinion publique quant aux visées barbares de votre
politique populiste ? Sans doute misez-vous sur le fait que le procédé
sera perçu comme légitime grâce à la prétendue nécessité de la
castration chimique et sa supposée efficacité. A moins que vous ne
comptiez plutôt sur l'immunité d'un discours qui affirme implicitement
que s'opposer à vos intentions et vos méthodes revient à prendre le
parti des criminels contre les victimes.
Un tel stratagème relève de l'imposture.
Car à y regarder de plus près, vos pseudo solutions ne servent pas plus
la protection des citoyens qu'elles n'assurent la défense des victimes.
Et
ce n'est pas la première fois que vous tirez profit de pareilles manipulations.
Je n'ai pas la naïveté de croire qu'une
lettre ouverte comme la mienne puisse avoir une quelconque incidence
sur votre conduite. Mais j'entends exprimer publiquement mon
indignation devant l'attitude profondément cynique et hypocrite qui est
la vôtre.
Monsieur le Président, en tentant de vous
faire passer pour « le président des victimes », vous sortez du cadre
de la simple démagogie. Les déclarations nimbées de pathétisme que
vous-même ou vos collaborateurs prononcent à l'occasion de coups
médiatiques savamment orchestrés par vos soins sont indignes.
Elles dénotent un scandaleux manque de
respect pour ceux dont vous vous servez. De plus, vous vous payez
littéralement la tête des millions de victimes anonymes de la
pédocriminalité, dont dans les faits, vous n'avez que faire.
Manœuvres politiquesMais vos méfaits ne s'arrêtent pas là. Vos
manoeuvres politiques nous entraînent sur cette dangereuse pente où la
justice tend à se confondre avec une arme de vengeance. Au mépris des
principes de notre république et au détriment des intérêts des victimes.
Par ailleurs, votre instrumentalisation
prend en otage celles et ceux que vous prétendez défendre, en les
incluant de gré ou de force dans vos outrances. Vous répandez ainsi le
préjugé qui veut que les victimes soient nécessairement porteuses
d'attentes aussi exorbitantes que les propositions qui émanent de votre
idéologie sécuritaire.
Et parce que vous donnez à penser que se
préoccuper d'elles conduirait nécessairement aux dérives qui sont les
vôtres, nombre de citoyens soucieux du maintien d'une démocratie digne
de ce nom considèrent désormais que la justice se doit absolument
d'ignorer ces dernières.
Pire, une part non négligeable d'entre eux
se fait à présent un devoir de vilipender afin les faire redescendre du
soi-disant piédestal sur lequel vous les mettriez. Victimes de viols
répétés par deux agresseurs -dont un mineur- durant dix années de mon
enfance, je suis contre la castration chimique, contre la rétention de
sûreté et contre le durcissement de la justice pour les mineurs.
Des hommes et non des monstresParce que je considère que ces criminels
sont bien des hommes et non des monstres -n'en déplaise à notre image
de l'humain- et que j'honore le respect de la dignité de chacun. Parce
que je sais que la vengeance n'est pas réparatrice et que la haine est
destructrice.
Parce que je crois aux bienfaits d'une
justice équitable, également respectueuse des droits des accusés et des
plaignants, des coupables et des victimes. Parce que je suis effarée
par le gouffre qui se tient entre la réalité de la pédocriminalité et
la maigre conscience que nos sociétés en ont.
Et parce qu'il m'importe de regarder les
choses en face et non de m'éviter l'angoisse des questions que ce
problème soulève sur la nature humaine en prônant des solutions
superficielles, qui non seulement ne résolvent rien mais entretiennent
le déni de chacun.
Aussi, l'image stigmatisante des victimes
qui se dégage de vos déclamations est pour moi une offense. Et je me
trouve lésée, dans mon quotidien, par les calamiteuses conséquences de
votre politique. A défaut de chercher véritablement à protéger les
enfants de notre pays et de vous intéresser réellement du sort des
millions de Français victimes de pédo-criminalité, pourriez-vous, au
moins, faire preuve d'un peu plus de décence ?
_________________

| absolut bastia a écrit: |
Le 1er militant UMP qui me tend un tract je lui fout une baffe. je préfère quand bien mème le cirque socialiste avec ses guignols aux enc....de l'UMP |